⚠️🛑 Ceci n’est pas un message de soutien à un mouvement de grève.
Il s’agit d’un apport technique sur un sujet important d’intérêt national.
J’ai été informé ce matin de la décision des médecins en spécialisation d’aller en grève suite à la condamnation de certains de leurs collègues par la justice béninoise.
Je n’aborderai pas ici les questions juridiques ni judiciaires, mais de gestion.
Au sein des centres hospitalo-universitaires de notre pays, une réalité organisationnelle mérite d’être rappelée au grand public : une grande partie de l’activité médicale quotidienne repose sur les médecins en spécialisation (DES).
Dans de nombreux services, ce sont eux qui assurent la majorité des consultations, la surveillance quotidienne des patients hospitalisés, la permanence des soins, ainsi qu’une part importante des actes techniques et des interventions chirurgicales, sous la supervision des spécialistes.
De mon expérience en tant de Directeur Général Adjoint du CNHU-HKM, j’estimerais leur part de travail à près de 70 % de l’activité clinique dans cet hôpital.
Ceci concerne aussi bien les spécialités médicales, chirurgicales que paracliniques (imagerie, laboratoire,…)
Cette implication massive fait des médecins en spécialisation un maillon essentiel du fonctionnement hospitalier.
Leur présence assure la continuité des soins, dans un contexte de manque criard de personnel.
De ce fait, une grève de ces médecins n’est jamais un événement anodin. Elle entraîne inévitablement un ralentissement important de l’activité hospitalière : allongement des délais de consultation, réduction des actes programmés, réorganisation des gardes et surcharge pour les équipes restantes. Dans certains services, l’activité peut même être fortement perturbée.
Il est donc important que chacun comprenne que lorsque les médecins en spécialisation cessent le travail, ce n’est pas seulement une revendication professionnelle qui s’exprime : c’est tout l’équilibre du système hospitalo-universitaire qui est affecté.
Cette période de tension doit être abordée avec responsabilité et dialogue.
Les médecins en spécialisation sont à la fois des professionnels de santé engagés dans les soins et des praticiens en formation, qui constituent l’avenir de notre système hospitalier.
Préserver de bonnes conditions de formation et de travail pour ces jeunes médecins, c’est aussi préserver la qualité et la continuité des soins pour les patients.
Pour le bien de tous, politiques comme population doivent se mobiliser pour qu’une solution soit rapidement trouvée.
Oui, vous me le direz certainement, j’en porte aussi la responsabilité; en tant qu’ancien responsable hospitalo-universitaire. Je l’assume entièrement.
DJENONTIN-AGOSSOU Valentin
Ancien Directeur Général Adjoint du CNHU-
Spécialiste en Gestion hospitalière et Intendance.




